Français
Italiano

Les citoyens européens font l’information

Les banlieues de 2 pays
Italie et France

2 partenaires
Associazione Ilaria Alpi
Fondation AgoraVox

6 videos chaque 2 mois

[ Accueil du site ]

Charte européenne du journalisme participatif

Introduction
Journalisme participatif, démocratie, maison commune européenne. Ce sont trois concepts pivots sur lesquels on entend faire levier pour investir d’une responsabilité nouvelle les opérateurs de la communication. Pour se mettre au côté des citoyens et raconter la réalité de laquelle ils sont eux-mêmes protagonistes.

Le monde de la communication est en phase de stabilisation. Les médias traditionnels (journaux, radios et télévisions) sont en train de perdre le leadership sur les informations avec l’avènement et l’affirmation d’Internet. Les nouvelles formes de journalisme participatif qui se produisent développent sur la Toile sont également en train de contaminer positivement aussi le journalisme traditionnel.

Le journalisme participatif (ou citizen journalism) s’appuie sur la valorisation des voix « d’en bas », des habitants des quartiers, des banlieues géographiques ou sociales, non plus seulement nationales. Le public est appelé à décider en première personne de l’objet de la nouvelle, en volant cette tâche aux média mainstream et dans la tentative de s’émanciper du rôle de simple spectateur.

Le risque de l’imposition des nouvelles est l’atomisation, le découragement des citoyens, la consolidation de l’idée qu’il y a des voix à écouter et d’autres à ne pas écouter. Et pas pour la validité des idées, mais pour l’identité de qui les exprime. S’insinue la conviction que ce principe d’égalité, qui pousse à être protagoniste de son temps, qui inspire la maison commune européenne, ne soit qu’un énoncé. Une tendance déjà révélée par les taux croissants d’abstention électorale aux niveaux national et européen, par l’apathie et par la non participation politico-sociale, au-delà des bas indices d’adhésion aux partis.

L’implication directe des citoyens dans la production des informations, à côté des professionnels du secteur, est vue comme un moyen pour ramener au centre du discours public intérêts, nécessités, difficultés, besoins des gens communs, en augmentant leur sentiment d’appartenance aux valeurs à la base de la maison européenne : démocratie, liberté, égalité, parité. Donner à ces principes un caractère concret, vigueur et sens signifie aussi créer des occasions réelles de confrontation et d’information autonome.

Objectifs
La charte européenne du journalisme participatif se propose d’organiser et de soutenir le journalisme participatif comme route principale pour la construction d’une population active et critique pas seulement au niveau national mais dans la confrontation ouverte à l’intérieur des plus vastes frontières européennes.

Fournir au citoyen commun les instruments pour comprendre les langages des médias, pour favoriser l’analyse critique des messages et des stratégies de communication, de façon à l’impliquer aussi dans la réalisation des contenus.

Dans ce but, il devient prioritaire d’organiser des initiatives, des débats, des réflexions grâce à la coopération des organisations de la société civile au niveau européen. Occasions dans lesquelles le rôle du journaliste doit être mis au service de la confrontation libre dans le respect réciproque des parties : un intermédiaire utile au récit de la réalité, qui tient compte des raisons des sujets impliqués, qui interpelle des experts et des organisations spécialisées, pour pouvoir fournir au public l’information dans un contexte clair et complet, qui regarde aussi aux causes des phénomènes. Au-delà du devoir fondamental de respecter la personne et sa dignité et de ne discriminer personne pour la race, la religion, le sexe, les conditions physiques et mentales et les opinions politiques.

Propositions
La Charte Européenne du journalisme participatif naît pour que l’implication des citoyens dans la sphère publique soit reconnue et puisse croître, en leur fournissant le moyen nécessaire pour se faire écouter des institutions, à tous les niveaux : national, local et européen.

Le journalisme revient au service des gens communs pour rassembler leurs requêtes et les transformer en « nouvelles » disponibles aussi pour les médias traditionnels.

La Charte, en outre, naît pour que le journalisme participatif agisse dans les zones où l’éloignement des institutions est le plus évident, c’est-à-dire les banlieues. Pas seulement banlieues dans le sens urbanistique : dans tous les lieux où grandit le conflit social, à l’apparente absence des institutions s’oppose l’envie d’ordre et de stabilité de ceux qui y vivent. Un court-circuit qui favorise la croissance du conflit social, le besoin d’être écouté.

La Charte du journalisme participatif se propose donc des actions différentes :
- raconter la vie quotidienne des quartiers ;
- créer un espace de confrontation sur des problèmes communs ;
- fournir à travers le « journalisme social » une intermédiation utile à raconter les difficultés existantes ;
- trouver un moyen partagé pour proposer des thèmes à l’attention de la collectivité.

Intentions
La Charte Européenne du journalisme participatif veut être un document pour exercer sa propre citoyenneté. Elle se propose d’augmenter chez les citoyens la conscience d’appartenir à un contexte supranational qui respecte les droits et les responsabilités.

La Charte appartient à tous ceux qui se reconnaîssent en elle. Nous souhaitons qu’elle puisse devenir une plate-forme de dialogue et de confrontation.

La Charte reconnaît dans la diversité une valeur et pas un obstacle, à condition qu’elle accepte d’être symphonique.

Raconter la réalité, mais aussi appliquer le sens critique et l’autonomie de jugement sont les objectifs que le journalisme participatif devrait réaliser. L’espace de la Toile devient donc aussi un lieu où peut se réaliser la justice, et s’exercer la responsabilité et la solidarité.